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À voir le nombre d’accidents qui surviennent un peu partout dans le monde avec des sources d’énergie à la fois plus polluantes et plus risquées que l’hydroélectricité, on se demande pourquoi le Québec aurait besoin d’accueillir le gaz de schiste parmi ses sources d’énergie.

Barrage hydroélectrique LG1À quand les gaz de schiste au Québec?

Le débat a été mis de côté, il est vrai, avec l’été dont on a bien profité et la couverture médiatique d’actualités plus émouvantes, comme le décès de Jack Layton ou les 10 ans du 11 septembre 2001. Tôt ou tard, les gaz de schiste au Québec reviendront nous hanter. D’ailleurs, on nous sert les exploits de l’Alberta à titre d’exemple inspirant : le Québec n’a que « des miettes », parait-il, en comparaison des milliards de dollars que l’Alberta empoche en vendant aux enchères les droits d’exploitation du sous-sol albertain.

Le gaz de schiste au Québec : quand on se compare, on se questionne

Pendant que le Québec hésite et que l’Alberta s’enrichit, un expert de l’exploitation pétrolière saoudienne affirme que les gisements de gaz de schiste nord-américains sont surévalués et seraient à peine rentables. Pour exploiter le gaz de schiste, il faut creuser des puits, faire des coffrages de béton dans le sol, injecter avec des compresseurs des quantités d’eau phénoménales mélangées à des produits chimiques pour fracasser le schiste sous la nappe phréatique, transporter les matériaux et le gaz dans de gros camions, au Québec ou ailleurs, avant d’abandonner ces conduits souterrains lorsqu’ils seront taris.

Barrage hydroélectrique LG4Gaz de schiste et hydroélectricité, du pareil au même?

Béton, eau, transport. L’exploitation du gaz de schiste ressemble vaguement à l’exploitation de l’hydroélectricité. Sauf que les gaz de schiste sont polluants, non renouvelables et doivent être transformés par des produits chimiques qu’on fait passer à travers la nappe phréatique. On peut s’attendre à quelques fuites qui auront raison, temporairement, de la qualité de l’eau dans certaines régions.

Le gaz de schiste, une énergie risquée au même titre que les autres gaz et l’énergie nucléaire

Quand on apprend qu’au Kenya, une fuite dans un oléoduc a fait une centaine de morts, possiblement à cause d’une cigarette, on se dit heureux de restreindre au Québec, et les oléoducs, et les cigarettes! Pendant ce temps en France, l’explosion d’un four pour recycler des déchets radioactifs a fait un mort. Un accident bête comme tout qui nous rappelle que les centrales nucléaires du Japon nous ont tenus en haleine pendant des mois. L’hydroélectricité n’est pas sans risques et sans conséquence pour l’environnement, mais elle demeure une énergie renouvelable, non polluante et durable. Pourquoi le Québec aurait-il envie d’énergies plus dangereuses et plus polluantes?

La crainte d’une gestion déficiente des gaz de schiste

On peut croire que ce type d’incident n’arrive que dans certains pays où la gestion de la construction des installations est déficiente. Le Québec n’est pas à l’abri d’une mauvaise gestion de l’exploitation des gaz de schiste : de puits trop près de la nappe phréatique, de puits qui se fissurent. Ça arrive même aux meilleurs. Parce que ça fait partie des risques du métier. Et des risques des énergies combustibles.

Ces failles nécessitent des rénovations après sinistre et ce sont des coûts supplémentaires, qui bien souvent, retombent davantage sur les épaules des populations touchées que sur les compagnies exploitantes. Au Québec, le gaz de schiste serait exploité par des compagnies privées. L’argent irait dans leurs coffres. Pas dans celui dont le terrain sera troué par les puits, pas dans celui dont l’eau ne sera plus potable, pas non plus dans les coffres du gouvernement contrairement à l’hydroélectricité. Tout ça pour une énergie jugée non rentable par un haut dirigeant de l’industrie pétrolière. Tout ça pour une ressource non renouvelable. Le Québec aurait sans doute avantage à concentrer ses énergies sur l’hydroélectricité.

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